"La société contre L'Etat"Pierre Clastres
Merci à Marilia Vazc ( marilia.vazc@gmail.com ) pour la correction ! Publié le 04/12/2019

Source de l'image: https://www.pexels.com/photo/rainforest-during-foggy-day-975771/
C'est quoi un être humain ? Qu'est-ce qui caractérise l'humanité ? Quelle est la "nature humaine" ? Des questions complexes auxquelles je n'ai pas de réponse, au mieux quelques pistes. Mais pour y réfléchir, et mettre à jour nos structures sociales, l'ethnologie et surtout l'anthropologie sont d'une grande aide. Elles apportent des éclaircissements sur nos sociétés et ce qui fait notre humanité tant qu'elles échappent à l'ethnocentrisme (c'est-à-dire considérer notre société comme "normale", modèle de référence et de ce qu'il y a de mieux) ainsi qu'à instrumentalisation des sociétés dites traditionnelles pour en faire des modèles. Dans son livre La société contre l'État, Pierre Clastres a fait cet effort pour questionner des notions comme le pouvoir, l'État ou encore la politique à travers une étude des sociétés indigènes* d'Amérique du Sud.
Pierre Clastres ?
On est ici face à un auteur à la notoriété très limitée: peu de gens connaissent Pierre Clastres. Et pour cause, il et mort dans un accident de voiture en 1977 à l'âge de 44 ans. Cette mort prématurée nous laisse avec une oeuvre inachevée, mais loin d'être sans intérêt. Militant anarchiste, l'auteur s'est évidemment intéressé à la question du pouvoir et de la violence, et son militantisme traverse son oeuvre, sans en entamer la rigueur: bien que prenant d'évidentes positions, les conclusions de Clastres sont pour l'essentiel difficilement rejetables, et quoi qu'il en soit, il y a des choses importantes à en retenir. Rigoureux et ambitieux, il ouvre des portes à tout un tas de réflexions fort intéressantes sur les sujets qu'il aborde.
Avant d'aller plus loin, il me paraît nécessaire de souligner un point important: Pierre Clastres parle DES sociétés indigènes, et non pas d'une seule. Il est possible que des conclusions qui paraissent alors contradictoires ne le soient pas, parce qu'elles concernent quelques unes des tribus étudiées et non leur ensemble. Notamment, les Tupi-Guaranis qui, étant très nombreux, ont des systèmes sociaux différents des autres groupes. Pour avoir toute la précision du travail de Clastres le mieux reste de le lire dans son entièreté. Enfin, il faut souligner qu'il s'agit de peuples autochtones d'Amérique du Sud.
Qu'est ce qu'un chef ?
Pierre Clastres va, avant de nous introduire à l'esprit de la chefferie indigène, et ce qui la caractérise, s'opposer fermement à la vision alors dominante que l'on avait des sociétés traditionnelles autochtones. En effet, ces dernières étaient vues soit comme de véritables despotismes autoritaires, la tribu obéissant à un chef tout puissant, soit comme des systèmes anarchiques (dans le mauvais sens du terme), anomique, de véritables bazars. Il n'en est rien, les Indigènes étaient dotés de systèmes de chefferie bien plus démocratiques qu'il n'y paraît.
Et pour comprendre ces systèmes, il faut savoir qui est le chef. Que fait-il ? Quel est son rôle ? Outre le fait qu'il ait l'immense privilège d'avoir plusieurs femmes (et on le verra plus tard, dans ces sociétés c'est un privilège énorme), il a trois caractéristiques:
Premièrement, il ne dispose d'aucun pouvoir coercitif. Autrement dit, il n'a pas le droit d'utiliser la violence pour régler les conflits au sein de la tribu. Le sociologue Allemand Max Weber définissait l'État, entre autre, par le fait qu'il avait le monopole de la violence légitime: une phrase complexe qui dit en somme que l'État peut taper sur ses citoyens, via sa police ou son armée, si ces derniers menacent l'ordre publique. Et nous trouvons cela normal. Lorsqu'un policier met violemment à terre un voleur à la tire, nous ne somme pas choqué.e.s: l'usage de la violence par le pouvoir en place est la norme dans nos sociétés. Ce n'est même pas envisageable chez les Indigènes étudiés par Clastres: si un conflit éclate entre deux membres de la tribu, le chef doit les raisonner et ainsi éviter la violence, sans même arbitrer et prendre position, juste convaincre que ce n'est pas la solution. Et s'il n'y parvient pas ? Alors combat il y aura. Le chef ne peut imposer sa volonté aux autres. De la même façon, s'il souhaite faire la guerre, il doit convaincre les guerriers de sa tribu de la faire avec lui. Si personne ne le suit, alors il ira seul, mourra probablement sur le champs de bataille, et un autre chef prendra sa place. Chez les Indigènes être chef n'a rien avoir avec le contrôle ou la coercition: la violence n'est pas dans leur pratique du pouvoir. A tel point que, dans l'opposition qu'ils font entre culture et nature (opposition que l'on retrouve chez nous aussi), ils classent le pouvoir coercitif dans ce qui tient de la nature et non de la culture. En d'autres terme, exercer le pouvoir avec violence est pour les Indigènes un "truc de sauvages".
La seconde caractéristique du chef est sa générosité. Il partage sa maison, fait des cadeaux, rend des services en grande quantité. Pourquoi ? Pour rester chef, pour être toujours perçu comme tel par les membres de la tribu. S'il refuse de venir en aide à ses semblables, il sera abandonné par ces derniers. On voit ici de nouveaux à quel point le chef dépend du groupe et ne peut rien faire sans celui-ci: il est contraint de les écouter et de leur venir en aide s'il veut conserver sa place.
Enfin, sa dernière caractéristique c'est qu'il a la parole. Mais là où dans les sociétés avec État, la parole est un droit, dont l'État se sert pour diffuser sa légitimité et ses directives, dans la chefferie de ces tribus, elle est un devoir. Le chef ne parle pas parce qu'il en a le droit, mais parce qu'il en a le devoir, il est obligé de le faire, ça fait partie du job. Quotidiennement, le chef discourt, souvent sur la paix, et quotidiennement les membres de la tribu l'écoutent à moitié. Cette habitude est essentiellement là pour rappeler qui c'est le patron (bien que le patron en l'occurrence ne risque pas de donner d'ordre à grand monde vu les caractéristiques de son statut), affirmer sa position de chef.
L'intégration des membres dans la tribu
Ce système où le chef dépend du groupe est assez peu étonnant lorsque l'on sait que, dans ces sociétés, l'interdépendance est totale. En effet, les membres de la tribu dépendent les uns des autres, et pour cause: ils partagent tout. Tout d'abord, ils doivent partager le gibier puisqu'un chasseur n'a pas le droit de manger la viande qu'il a chassée: il risque de s'attirer le pané (la malédiction) et de perdre son statut. On chasse pour sa famille et le reste de la tribu, jamais pour soi. Ensuite, les Indigènes sont obligés de se partager les femmes. En effet, la démographie de ces peuples fait que, pour des raisons inconnues, les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes. Ainsi pour survivre, ils ont dû accepter, à contre coeur, la polyandrie: une femme a plusieurs maris. Les Indigènes partagent donc même leurs femmes. Mais ils partagent aussi leurs chants puisque hommes et femmes de la tribu ne chantent pas les mêmes choses. Les hommes chantent des champs guerriers, positifs, d'affirmation de soi, qu'ils partagent, et communiquent, par opposition aux femmes qui chantent essentiellement des complaintes et des manifestations de tristesse. Ainsi donc, ces sociétés d'Amérique du Sud reposent sur l'interdépendance (une interdépendance qui semble toucher moins les femmes il est vrai, mais nous parlerons plus loin de l'interdépendance homme-femme et de la division du travail genrée).
L'une des manifestations les plus claires de la forte intégration dans ces tribus, c'est le rite initiatique. Lors de ce dernier, on tranche la peau des jeunes pour les initier. Clastres souligne que ces Autochtones ont la technologie nécessaire pour faire des coupures très nettes dans la peau, mais ils ne le font pas: ils choisissent des couteaux en pierre mal affûtés pour déchirer la chair plus que la couper. Dans quel but: faire souffrir, marquer au fer rouge. Marquer quoi ? La loi ? Il y a de ça, l'idée d'écrire qu'on fait partie désormais du groupe, mais pas seulement. Ce rite touche tous les membres de la tribu et ils ne doivent pas faire un bruit, subissent la torture en silence. L'idée est que toutes et tous "sommes pareil, valons la même chose, ne sommes ni plus ni moins que les autres, alors nous subissons la même chose". On a la une idée qui est très caractéristique dans ces tribus: l'aversion pour l'inégalité. Les Indigènes vivent et se veulent égaux, et c'est cette aversion qui leur fait porter une certaine défiance vis-à-vis des chefs qui se voudraient trop autoritaires. Un rejet pour l'inégalité et le pouvoir coercitif qui a moult autres manifestations d'ailleurs: lorsque le chef meurt, par exemple, on change de lieu si on vivait avec lui, on s'installe ailleurs, on ne s'enracine pas, on ne s'inscrit pas dans une continuité, le changement est permanent.
L'arc et le panier
Comme dit précédemment, l'interdépendance chez les Indigènes est aussi une interdépendance des deux genres, retranscrite parfaitement par l'opposition entre l'arc et le panier. En effet, dans les sociétés autochtones, il y a une opposition entre le travail masculin et féminin. Le premier, c'est essentiellement le travail de la chasse, et donc de l'arc. Les hommes partent chasser dans la jungle et se reposent au camp. C'est l'inverse pour les femmes: en effet elles travaillent à l'installation du campement, à la cuisine, à la récolte, pour elles le campement est synonyme de travail. Cette division du travail est très stricte, à tel point qu'elle a fait émerger un tabou, un sacré, une interdiction: un homme ne peut toucher de panier, et inversement, une femme ne peut toucher d'arc. Cette opposition se retranscrit, comme nous l'avons vu plus tôt, aussi dans les chants.
Cependant, il faut souligner que le rapport au genre n'est pas quelque chose de strict dans ces tribus: en effet les membres peuvent passer de l'un à l'autre, et notamment d'homme à femme (en subissant le pané. Le pané c'est la malédiction, le mauvais oeil, qui s'abat sur un homme et peut, dans certains cas, en faire une femme). Pour s'attirer ces problèmes, il y a plusieurs choses qui peuvent se produire: tout d'abord, en ayant en tête que la virilité des Indigènes repose sur leurs capacités à la chasse: un trop mauvais chasseur peut devenir une femme, porter le panier, faire le travail de récolte et même accomplir ses devoirs conjugaux auprès d'un homme. De la même façon, si un membre ne respecte pas les règles élémentaires de la tribu, comme par exemple l'interdiction stricte de consommer la viande qu'il a lui même chassée, il est condamné à subir le pané et sera peut-être assigné à un rôle de femme. Une fois ce nouveaux rôle assigné, certains refusent de s'y soumettre totalement, tiennent volontairement mal leur panier, font mal leurs activités: ils sont alors mal vus par la société. Les enfants les respectent moins que les autres adultes, et les membres de la tribu s'en méfient et parlent beaucoup dans leur dos. D'autres au contraire, vivent pleinement leur passage d'un genre à l'autre, et ce dans tous les domaines de la vie. Eux sont traités comme des femmes de la tribu normales et on ne voit pas d'inconvénient à cela. Ainsi donc, ce changement n'est source de rejet que lorsqu'il n'est pas accepté par l'individu à qui on demande de changer.
Démographie et interdépendance
L'interdépendance chez les Indigènes s'exprime aussi dans la relation entre les différentes tribus. En effet, si ces dernières ont été décrites comme de véritables groupes de guerriers se faisant une perpétuelle guerre, la réalité est plus nuancée. Alors certes, le combat est quelque chose de présent entre ces tribus, mais elle n'est pas la seule forme d'interaction qui existe entre elles. Par exemple, elles pratiquent énormément l'exogamie: c'est-à-dire la recherche d'un.e partenaire qui n'est pas comme nous. En l'occurrence, la recherche d'un.e partenaire qui vient d'une autre tribu. Ainsi, les diverses tribus communiquent et s'échangent des membres, formant alors des couples de personnes venant de tribus différentes.
Outre cette pratique, il a quelque chose d'autre qui structure la démographie des Indigènes: les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes. Pierre Clastres n'explique absolument pas ce phénomène, mais il en constate les effets pratiques: la polyandrie évoquée précédemment a dû émerger afin de pouvoir faire survivre le groupe. Les hommes doivent se "partager" une femme pour deux ou trois, chose qui rend le privilège du chef d'autant plus important.
Si Clastres évoque autant la démographie dans son ouvrage, c'est parce qu'elle sert son propos: on vient de le dire, un simple déséquilibre entre le nombre d'hommes et de femmes pousse à des pratiques matrimoniales qui n'auraient sans doute pas émergé en d'autres circonstances. Chose que l'on peut d'ailleurs aisément affirmer, puisque les hommes n'apprécient guère cette situation, mais la subissent et se contraignent à l'accepter.
Mais surtout, la question démographique a un réel intérêt chez Clastres car selon lui, une certaine démographie implique un certain type de pouvoir. Pour préciser, et ne pas tomber dans la caricature, il faudrait plutôt dire ceci: la chefferie de ces tribus n'est possible, selon lui, que si la population est suffisamment petite. Si elle devient trop grande, des systèmes de sous-chefs se mettent en place, le pouvoir mute pour pouvoir gérer toute cette population, se modifie et se tourne vers la mise en place d'un État. Clastres ne l'a pas réellement constaté, mais se basant sur les évolutions qu'ont subit les populations les plus grandes, il met en avant la grande probabilité de ce lien entre démographie et exercice du pouvoir politique.
Économie et politique: Quand Clastres retourne Marx
Lorsqu'il s'agit de parler des sociétés que l'auteur a étudiées, les termes de société sans État et d'économie de subsistance reviennent souvent et Clastres s'oppose à leur utilisation. Dans le premier cas, parce qu'une société sans État serait une société à laquelle il manque quelque chose, or ce n'est pas le cas, ce ne sont pas des sociétés qui n'ont pas d'État (ou pire, des sociétés qui n'ont pas encore d'État, ce qui sous-entendrait une vision évolutionniste rejetée depuis des décennies par l'anthropologie et l'ethnologie). Ces sociétés ne sont pas sans organisation politique, elles ont simplement une autre forme de pouvoir. L'État et sa coercition ne sont pas les seuls modes de gouvernement possibles en société, il y en a d'autres, qu'il faut prendre en compte et mettre en avant pour se souvenir que, certes, nous vivons sous un État mais il aurait pu en être autrement. Sur l'économie de subsistance, Clastres exprime aussi un fort désaccord: les Indigènes n'ont pas une économie basée sur la survie, où ils se nourrissent comme ils peuvent. Ils ont les outils nécessaires pour produire beaucoup de surplus, mais ils ne le font pas. Pourquoi ? Parce qu'ils ne saisissent de la nature que ce dont ils ont besoin pour se nourrir, investissent le surplus dans des fêtes et c'est tout. En effet, leur mode de vie consiste à ne pas trop en faire, à aménager un temps pour l'oisiveté et les activités qui ne tournent pas autour de la survie. Ainsi, les Indigènes ne sont pas des travailleurs acharnés, ils ne travaillent pas beaucoup, et n'en ont d'ailleurs pas besoin.
Cette double situation est possible car, selon Pierre Clastres, le politique n'est pas entrée dans la sphère économique. Cette formulation complexe sous-entend que, l'économie de ces sociétés n'est pas articulée autour d'une opposition entre des exploiteurs et des exploités, des dominants et des dominés, à l'inverse de nos sociétés capitalistes, où les travailleurs bossent pour les capitalistes, ou dans des systèmes féodaux où les paysans travaillaient pour des seigneurs. C'est donc l'entrée de la sphère politique dans la sphère économique qui met en place une domination où un groupe va profiter du travail d'un autre. Et l'État dans tout ça ? L'État est alors un outil, un outil de domination. Les impôts servent à financer une police qui va contrôler la population et des appareils idéologiques d'État qui vont légitimer le système politique en place. Bien évidemment, cette vision de la société est une vision de rapports de force, qui nous pousserait à parler de luttes des classes et de son théoricien: Karl Marx.
Mais ne nous y méprenons pas, Clastres n'est pas un marxiste, du moins pas totalement, et il inverse les concepts de Marx pour mettre en avant sa théorie: l'infrastructure et la superstructure. Chez Marx, l'infrastructure, c'est l'économique. C'est la base de la société, société qui se structure en fonction des rapports aux moyens de production. Dit autrement, si vous possédez des moyens de productions (des terres au Moyen Âge ou des usines dans le cadre du capitalisme) vous êtes un dominant, vous avez l'avantage et vous vous en servirez pour exploiter ce qui n'en possèdent pas. C'est donc un rapport économique et un rapport à la place que l'on occupe dans le cycle de la production (le fait de travailler ou de posséder des moyens de production) qui détermine notre place dans la société. L'infrastructure, c'est ça, cette base économique qui structure la société et met en place les dominants et les dominés (à noter que même si Marx met en avant que la lutte des classes a lieu entre deux classes, capitaliste et prolétaire, dans les sociétés contemporaines, il faut souligner qu'il ne voit pas ces deux groupes comme homogènes et va différencier quatre types de capitalistes par exemple: chez Marx la société est donc plus complexe que simplement deux groupes qui s'opposent). Mais la superstructure ? Eh bien, c'est l'appareil idéologique, les institutions, qui vont venir se poser sur l'infrastructure (on l'a vu, l'économie) pour la justifier. Car, s'il y a des exploiteurs et des exploités, il faut bien légitimer cette situation: c'est le rôle de la superstructure. L'État, l'idéologie dominante, l'art, la famille, bref l'ensemble de la société est une superstructure, qui est basée sur l'infrastructure: la sphère économique et la répartition des moyens de productions.
Et que fait Clastres de cette superstructure et de cette infrastructure ? Il les retourne. En effet, selon lui, l'infrastructure ce n'est pas l'économique, c'est le politique. Ce sont les rapports de force et de pouvoir qui sont aux racines de l'ensemble de la société, et notamment de la façon dont fonctionne l'économie. Cela peut sembler être une inversion de mot, mais ça a de réelles conséquences: chez Marx, le guide de l'histoire, de l'évolution des sociétés et de leurs directions, c'est l'économie (et c'est en cela qu'il est matérialiste) et c'est donc elle qui les définit en premier et qu'il est important d'analyser en priorité. En retournant le concept, Clastres nous dit que Marx fait fausse route: il faut regarder les rapports de forces et l'application du pouvoir: c'est ça qui structure et guide les sociétés. Je ne trancherai pas ici sur la validité ou non des critiques que Clastres fait à Marx, ce n'est pas mon rôle, mais il semble que chez les deux auteurs, l'idée d'un rapport de force entre deux groupes sociaux soit structurante dans nos sociétés et les guide. Une idée qui, si on l'adopte, donne une toute autre grille de lecture sur la façon dont notre monde tourne.